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Les amoureux

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ART ABSTRAIT À LOUER OU À ACHETER

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Les amoureux

Technique : Acrylique sur papier fort

Artiste : Charles Wery

Œuvre originale et inédite

Date de création : 2024

Les amoureux

Dimension : 21X30 cm

Valeur : 100€

Quelques mots…

Extrait de la pièce de théâtre « La Pièce est jouée… » de Charles Wery

Richard : C’est toi ?

Irina : Oui, c’est moi…

Richard : Tu m’as manqué. J’étais perdu sans toi. Mon acteur tournait en rond dans des heures grises et inutiles. J’avais souvent l’impression qu’il jouait un autre rôle que le mien.

Irina : Mon pauvre amour.

Richard : Oui…

Irina : Tu étais seul sans moi.

Richard : Oui.

Irina : Pourtant, j’étais là.

Richard : Mais… je ne te voyais pas. Mon acteur jouait partout, tout le temps. Il se perdait dans lui-même. Une toupille rouillée, un singe mécanique, la séduction comme une drogue…

Irina : Tu n’as pas changé…

Richard : En revanche, toi, tu as changé. Que s’est-il passé ?

Silence d’Irina.

Richard : Que s’est-il passé, Irina ?

Irina : Je ne sais pas… La vraie vie sans doute.

Richard : La vraie vie ?

Irina : Les fêtes foraines, les repas sans saveur à la cuisine, les autobus presque liquides, les mêmes mots répétés sans cesse aux mêmes moments dans les mêmes endroits, la boue qui colle aux pieds, les regards qui ne regardent jamais là où il faut regarder.

Richard : Tu avais des satisfactions quand même, du réconfort ?

Irina : La chaleur des radiateurs et le bruit de l’eau qui coule dans les baignoires. C’est tout.

Richard : Mais il y avait l’amour, caché dans ces moments de solitude ! Et l’amour, même dans son expression la plus discrète, c’est gai, c’est joyeux, c’est le ciel, c’est de l’ouate, c’est de l’or, c’est du théâtre avec des histoires fabuleuses et rassurantes.  

Irina : Je pleurais souvent.

Richard : Avec des larmes ?

Irina : Non.

Richard : Ce n’est pas grave, alors !

Irina : Les pleurs sans larmes sont les plus graves, Richard. C’est le signe que l’âme est épuisée, à sec et que rien ne pourra jamais plus la nourrir.

Richard : Mais un seul sourire, un seul baiser, une seule caresse de la personne aimée et l’âme se gonfle de joie. Cette joie dorée, humide, lumineuse qui danse comme une fleur au vent. Ca sert à ça l’amour : à faire danser nos âmes au vent.

Irina : L’amour sert aussi à nous transpercer de remords angoissés, à nous dégoûter de la misère de nos vies insignifiantes. L’amour rend palpable le temps qui passe et qui ne reviendra plus, l’amour nous rappelle qu’on ne se rappellera bientôt plus rien. L’amour nous fait prendre conscience de notre mort ; celle de demain mais aussi celle d’hier et celle d’aujourd’hui. L’amour nous amène à prendre conscience de la lourdeur d’un réveil qui sonne, de la monotonie des vagues de la mer et de l’ennui des bibliothèques. L’amour m’a fait comprendre que la pièce que nous jouions n’était pas un morceau de vie dans la vie mais bien la vie, la vraie vie, la vie tout court, le cirque que nous savons et que, pourtant, nous ignorons. Un cirque avec des drames de carton-pâte.

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